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Notre voyage en Israel et Palestine

Chers explorateurs et exploratrices des saveurs bonjour, nous avons le plaisir de vous emmener avec nous dans une aventure spéciale. Oublions les plages de rêves la farniente ou les cigales le temps d’un voyage un peu plus émotionnel, puisque l’on se dirige vers l’Israël et la Palestine.

1001saveurs.ch Palestine

Au programme, un cocktail de falafel, d’histoires parfois tristes et d’humus.

Bref, préparez-vous à bien manger.

Attention, étant donné le conflit qui ronge cette région du monde, nous ne pouvions pas vous parler de ce que nous avons vu sans prendre parti.

Comme vous avez pu le voir sur nos réseaux et à la suite d’un sondage instagram et de nombreuses demandes de votre part, nous voulions vous faire découvrir le Liban.

Cependant étant donné le climat actuel quelque peu révolutionnaire du Liban, nous avons décidé de nous tourner vers un autre pays du Moyen-Orient.

À la suite de quelques recherches et quelques discussions entre nous, notre choix s’orienta sur l’Israël. Car dans le fond, on y mange comme au Liban (falafel, humus, shukshuka,…) et culturellement ce pays est probablement tout aussi intéressant que le Liban si ce n'est plus puisque c’est le berceau des trois religions monothéistes. Israël et la Palestine abritent autant des Musulmans, des Juifs que des chrétiens.

C’est l’occasion de nous plonger dans un sujet qui questionne beaucoup Karim, ce conflit inhumain et incompréhensible entre l’armée israélienne et le peuple palestinien.

Pour partir en Israël le moins cher, c’est souvent un vol de Genève à Tel-Aviv.

Ce vol prendra 4 h et vous profiterez en cas de beau temps d’une vue géniale des alpes aux Cyclades en passant par la mer Adriatique et la Croatie.

Une fois arrivés, nous avons été surpris par le niveau de sécurité très élevé de l’aéroport Ben Guiron de Tel-Aviv. Prévoyez donc un peu de temps et beaucoup de patience, à l’arrivée comme au départ.

Une fois sortis de l’aéroport (5 h de questions à la douane pour Karim), nous constatons qu’arriver le vendredi à 18 h, jour de sabbat, ce n’était pas une très bonne idée. Il n’y a pas de bus du vendredi dès 17 h au samedi 18 h. Quelques recherches avant de partir nous auraient évité cela. Pas grand chose à faire donc vu que tout est fermé du coup soirée chill à l'hotel.

Après une première nuit dans une caravane, il est temps pour nous de découvrir notre premier plat local. Dans l’auberge où nous avons logions, nous avons pu suivre un atelier de cuisine (shabat food). Au programme apprendre a faire un shakshuka, une sorte d'omelette à la tomate, aux oignons.

shakshuka

Une fois, le plein d’énergie fait grâce à ce petit déjeuner copieux et savoureux, il est temps pour nous de partir à la découverte de Tel-Aviv.

Tel Aviv la jeune et Jaffa l'antique

Pour commencer, direction la vielle ville « Jaffa » qui date de 1350 av.J-C Yapu qui est la partie sud de Tel-Aviv.

Jaffa

C’est l’un des ports les plus anciens du monde sur la côte orientale de la mer Méditerranée. Le port de Jaffa, très sollicité dans l’antiquité et au Moyen Âge, était, comme les deux autres ports de la Palestine ancienne (Acre et Césarée) une des étapes essentielles de routes de l’Orient des Européens.

Au Moyen Âge, Jaffa était une des échelles du Levant, bien que d’une importance secondaire en comparaison d’Acre.

Une partie du port et quelques mosaïques antiques ont survécu jusqu’à aujourd’hui.

Jaffa était une cité arabe avant l’exode de sa population en 1948. Elle a fusionné en 1950 avec la ville juive de Tel-Aviv.

Jaffa vaut vraiment le détour !

Rien que pour flâner et se perdre dans ses multiples ruelles pleines de petits cafés et d’artistes.

 

Si vous êtes à la recherche de fraîcheur, vous êtes au bon endroit.

sunset Jaffa

Le soleil qui commence à se coucher, impossible de résister à un apéro sur la plage avant d’aller manger dans le quartier Florentin qui est le quartier branché de Tel-Aviv et demain direction Jérusalem.

 Jérusalem ville sainte mais conflictuelle.

 Il ne nous faudra pas plus d’une heure de route pour relier Jérusalem en bus depuis le terminal routier de Tel-Aviv.

Jerusalem view

 Une fois sorti, on remarque directement une énorme différence culturelle entre la modernité de Tel-Aviv la branchée et la tradition de Jérusalem la religieuse.

Jérusalem abrite des lieux saints de trois religions monothéistes, le christianisme, le judaïsme et l’islam.

C’est probablement cette cohabitation qui fait que cette ville est le cœur du conflit israélo-palestinien.

jerusalem et les trois religions

 

Les juifs convoitent d'en faire leur capitale, car selon leurs textes, c’est sur le Mont du temple qu’ils doivent bâtir le nouveau temple où le messie doit arriver. Côté islamique, ils souhaitent en faire la capitale de la palestine, puisque c’est sur le Mont du temple que se dresse la mosquée Al Aqsa et le Dôme du rocher. C’est là où le prophète Mohamed aurait terminé son voyage et aurait prié avec Jésus et Abraham.

 

Avant de partir à la découverte de cette ville chargée d’histoire, qui est qualifiée de sainte, il est temps pour nous de manger et qui dit manger à Jérusalem dit falafel et shawarma.

Falafel 1001 saveurs

 

Les shawarmas sont simplement des brochettes d’agneau servi dans un pain pita ou roulé dans une galette.

Les falafels, c’est la même chose, on remplace la viande par des boulettes de poids chiche aromatisées au persil ou à la coriandre.

Alors plutôt falafel ou shawarma ? (Dites le nous en commentaires)

Une fois nos falafels et nos shawarmas avalés et notre ventre bien remplis d’humus, il est temps pour nous de nous plonger dans tous ces lieux saints.

On commence notre balade par le Saint-Sépulture (le tombeau du Christ), il y a un nombre incroyable de personnes qui se masse autour des reliques du Christ. Des gens s’agenouillent, d’autres embrassent le sol et d’autres encore pleurent, il faut avouer qu’il flotte une énergie particulière.

saint sepultre de Jesus

Nous prenons ensuite la direction du mur des Lamentations. Nous sommes frappé par ce même sentiment de puissance et d’émotions présentes sur ce lieu.

Murs de lamentations

 

Pour finir, nous nous rendons à la mosquée Al Aqsa et le dôme du rocher. Nous retrouvons une fois encore cette énergie. L’impression d’un énorme halo positif comme si nous échangions nos soucis contre de la force.

Le dome du rocher

Nous ne sommes pas très religieux, mais depuis que nous sommes allés sur ces différents lieux saints, nous nous posons des questions sur nos croyances et les religions.

 

Maintenant que nous avons visité Jérusalem et Tel-Aviv, il est temps pour nous passer à la partie du voyage la plus « spéciale » et sans doute la plus intéressante, la Palestine.

Bienvenue dans la plus grande Prison du monde

wall of shame

Comme vous le savez probablement, voilà maintenant plus 70 ans que cette région du monde est gangrenée par ce conflit.

En résumé au matin de la Première Guerre mondiale, la Palestine passe sous protectorat britannique. Cette même Grande-Bretagne qui avait promis au congrès sioniste la création d’un état juif. La Palestine est obligée d’accepter une grande vague d’immigration juive due au nazisme en Europe ce qui fait monter la population juive en Palestine à 30 %.

En 1937, les Anglais font une première proposition de « répartition » au nord, un état juif et au sud, un état arabe et Jérusalem sous contrôle britannique. Toutefois, la 2e guerre mondiale met fin à cette répartition.

En 1947, L’ONU accepte un second plan de partage dans lequel Jérusalem et Bethléem ont un statut international, c’est techniquement les frontières actuelles. Théoriquement puisque ces frontières sur les cartes mesurent environ 450 km, cependant le mur de » sécurité » qui divise les deux pays serait long de 850 km.

évolution carte Israel Palestine

 

Le mur, parlons-en un peu. Construit au début des années 2000, sous prétexte de sécurité pour d’empêcher les attaques terroristes, mais aussi afin de séparer les peuples et de faciliter le contrôle des terres et de la population. Ce mur fait de bloc de béton armé haut de 8 m, avec des miradors gardés 24 h/24 h par des soldats armés symbole de l’occupation israélienne et du conflit est par endroit devenu une œuvre d’art.

banksy Betléhem

 

Pour nous rendre à Bethléem depuis Jérusalem, on pourrait penser que c’est compliqué étant donné qu’on passe d’un camp à un autre du conflit, et bien non. On ne nous a rien demandé, il suffit de monter dans un bus en dessous de la porte de Jaffa, là où des soldats israéliens contrôlent les Palestiniens qui rentrent du travail. Car oui certains Palestiniens ont un visa pour travailler à Jérusalem dans le quartier arabe. Ils sont généralement artisans ou restaurateurs.

 

Une fois le transport payé, environ 3 CHF et après 30 minutes de route, nous voilà arrivés à Bethléem. À peine sortis du bus, on entend des gens nous saluer, tout le monde est souriant et à l’air heureux de nous voir, un vrai décalage comparé à la distance du peuple israélien. En effet une de nos déceptions, c’est de ne pas avoir pu échanger avec des locaux à Jérusalem ou Tel-Aviv. Non pas à cause d’une barrière linguistique, mais plutôt simplement à la froideur ou à la distance que mettent les locaux. Plus tard dans notre avion de retour, on nous apprendra que les Israéliens sont particulièrement méfiants.

Nous nous sommes rendus au « Banksy Walled off Hotel », un hôtel qui a été conçu en collaboration avec l’artiste de street art Banksy afin de montrer aux occidentaux les problèmes créés par le mur et le conflit. L’hôtel à 9 chambres toutes décorées par Banksy ou des artistes locaux toujours sur le thème du conflit. Notre chambre était décorée par un artiste palestinien.

Walled off hotel

 

Le Walled off hôtel possède un musée qui raconte l’histoire du conflit vu par les palestiniens. Il regorge d’informations très souvent tristes voire révoltantes.

Nous avons été touchés par cette cause, c’est pourquoi on choisit de vous parler de tout ce que l’on a vu dans les quelques paragraphes qui suivent.

Après une bonne nuit dans une vraie œuvre d’art et un petit-déjeuner royal (omelettes, mezzés, thé à la menthe et plein d’autres délices ), il est temps pour nous de partir à la découverte de l’une des faces les plus sombres de l’humanité, à savoir la guerre et ses victimes au travers d’un « walking tour » dans un de camp de réfugié de Bethléem avec un petit groupe de touriste et notre guide Yassine.

Yassine à 47 ans, il est le père de trois enfants qui comme leur père sont nés à Bethléem. Lorsqu’on lui pose la question d'où il vient, il répond directement "un petit village de berger appelé Aït Ziyad". Ses enfants répondront la même chose.

Sa famille vivait là avant d'avoir été déplacée pour des raisons de "sécurité" dans le camp de réfugiés d'Aïda, cela fait maintenant 70 ans. 

Yassine et toute sa famille ont le statut de réfugié et ils attendent de retourner chez eux.

Yassine guide

 Imaginez-vous qu'un jour on vous demande de quitter votre maison pour 15 jours, le temps du conflit s’apaise et 70 ans plus tard ce sont vos petits enfants qui naissent dans un camp de réfugiés. Ce même camp situé dans votre pays à un jet de pierre de votre vrai chez vous.

Très vite, on arrive dans un cimetière musulman je ne peux pas vous expliquer le sentiment étrange que j’y ai ressenti. Un mélange de tristesse, de dégout et de haine. L’impression que ce cimetière a été placé ici par erreur ou par envie de bien rappeler chaque jour toutes les personnes tombées sous les balles.

Yassine nous explique que les soldats de Tsahal qui occupe les miradors surplombants le cimetière jettent leurs déchets sur les tombes des défunts palestiniens. Un mélange de paquets de rations, aux canettes de soda et le pire de tout des bouteilles d’urines.

no comment déchet armée israelienne dans cimtière palestinien

Yassine nous raconte très ému que deux touristes américaines ont décidé un jour de nettoyer le cimetière et que des soldats israéliens, ébahis leur ont demandé pourquoi elles faisaient ça.

Une fois sorti du cimetière et après une petite pause pour me remettre de mes émotions, on entre enfin dans le camp Aïda. Quel étonnement pour nous d’y découvrir une véritable ville ! On en oublierait presque que toutes les habitations qui nous entourent étaient censées être « temporaire ».

Camp aïda

À l’entrée du camp se trouve une photo sur une plaque en métal. Elle raconte l’histoire d'Aboud Shadi, mort à l’âge de 13 ans sous le feu d’un sniper israélien alors qu’il observant les siens manifester au pied du mur. (Vous pouvez apercevoir cette plaque commémorative sur la photo de Yassine.)

De l’autre côté de la route, est inscrit blanc sur noir contre un mur les noms de plus de 258 enfants décédés lors du mois de juillet 2014 et parfois plusieurs enfants d'une même famille. Ce chiffre ne représente que les décès du camp Aïda.

258 enfants morts en un mois

À ce moment précis, je m’effondre, impossible de ne pas pleurer et de rester insensible face à la clarté du message.

[ J’écris ça à froid quelques semaines après le voyage et rien que d’y repenser j’ai les larmes aux yeux]

Secoué par toutes ces émotions et les yeux rougis par les larmes, on s’arrête quelques minutes afin de boire un café. En attendant nos boissons, on croise des enfants qui sortent de l’école. Je dois vous avouer que ces petits m’ont donné une sacrée leçon de vie. Ils sont heureux, paisibles et souriants comme s’il n’y avait pas de guerres, pas de camps et pas de morts. Les gamins nous saluent en nous tapant dans les mains. Je les entends se réjouir d’avoir rencontré des « blancs », l’un d'eux me dit que plus tard il veut devenir professeur, car il adore l’école. Une fillette joue les princesses avec son sac " Reine de neiges".

Ensuite notre tour se conclu devant la décharge construite sous demande de l’ONU et sans cesse sous le feu des soldats israéliens qui monte la garde dans un mirador surplombant la décharge.

Une fois le tour terminé, j’en profite pour parler avec notre guide Yassine simplement pour en apprendre un peu plus sur lui et sa famille, la vie ici, les écoles, les hôpitaux et comparer à ce que j’avais entendu sur internet. Pour finir, je lui demande comment on peut les aider et il me répondit simplement :

"Tu sais mon frère on ne veut pas d’argent, car il apporte la corruption, du matériel médical oublie ça passera pas le check-point. Tout ce que l’on veut, c’est que tu rentres chez toi et que tu transmettes notre message. Un message d’espoir puisqu’il promet la paix et le retour sur nos terres."

 

Lorsque je me suis effrondré, il m'a consolé en me disant : "Ne pleure pas, nous sommes en vie, nous mangeons et je peux même boire mon café sous mon olivier. Tous les jours mes enfants vont à l’école et je vais bientôt être grand-père. Tu sais un jour tout ça finira par s’arrêter et l’on rentrera chez nous."

La mer morte:

Nous ne pouvions pas ne pas aller nous baigner dans la mer morte. Nous avons donc pris un bus direction d’Ein Bokek, ville de grands hôtels au sud de la mer Morte. Elle est située entre Israël, la Palestine et la Jordanie. Elle est alimentée par le Jourdain, mais aucun poisson ni algue ne peut y vivre à cause de la salinité de l’eau qui est à 27,5 % alors que normalement elle est entre 2 et 4 %. Des sources d’eau douce ont été découvertes ces dernières années, mais elle est toujours menacée de disparition à cause de l’évaporation, l’assèchement du Jourdain et les usines de production de sel. C’est un désastre tant sur le plan écologique, économique, touristique et géostratégique.

Pour y arriver, comptez trois heures de bus dans un décor désertique telles qu’il est raconté dans l’histoire de Moïse. Tout à coup, on rencontre des colonies juives telles des oasis.

Une fois notre chambre prise dans un hôtel gigantesque (beaucoup de personnes viennent là-bas pour profiter des vertus [discutable] de cette eau), nous sommes allés nous baigner dans cette étendue d’eau.

Alors là ! On flotte ! Quelle sensation incroyable ! Le fond est composé de cristaux de sel et même le sable est salé.

La mer morte ça flotte

Par expérience, se toucher les yeux ou y aller avec des blessures ce n’est pas une bonne idée.

le sable de la mer morte

Nous avons admiré un magnifique coucher de soleil en prenant un peu de hauteur avec une vue sur la mer Morte et la Jordanie en face.

couché de soleil Ein bokek

Nos ressentis du voyage:

Karim:

Peu importe nos origines, notre religion, notre culture et qu'on l'appelle Palestine, Israël ou Cisjordanie, il faut avouer que ce pays est magnifique et regorge de choses à voir et à faire.

De Tel-Aviv la jeune avec ses plages jusqu'à Eliat et son offre de plongée et snorkling en passant par Bethléem et Jérusalem ou encore Ein Bokek et la mer Morte, tout vaut le détour.

Par contre, l'accueil des Israéliens et le prix de la vie laissent à désirer. Je regrette de ne pas avoir pu discuter avec un Israélien pour en savoir plus sur leur culture.

J'ai adoré Jérusalem Jaffa. Ma meilleure expérience à Bethléem aura été ma rencontre et mes discussions avec Yassine et la cuisine locale légère et gourmande.

Marion:

Ce voyage m'a permis de me confronter à des choses que je ne pensais même pas possibles. Il m'a permis de me sortir de ma zone de confort. Je ne regrette pas par exemple d'être allé à Jerusalem, lieux remplis d'énergie et de naissance des religions monothéiste. C'est intéressant de mettre des images sur les lieux dont on a entendu parler lors de cours de religion.

Il y a des paysages magnifiques et on y mange très bien. C'est une très belle région, dommage qu'il y ait toutes ces tensions.

Conclusions:

Nous avons été ravi de partager notre expérience de voyage avec vous et nous serons ravi d'en discuter avec vous.

 

On vous souhaite surtout d'excellentes découvertes gustatives!

 

A bientôt pour de nouvelles aventures

 

Marion et Karim

 

 

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